
Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate
Lundi, le 16 août 2010
32,6 % des coûts d'hospitalisation au Québec sont directement liés au tabagisme : Une étude économique conclut que l’élimination du tabagisme libérerait le tiers des lits d’hôpitaux
Montréal, le 16 août 2010 – Une nouvelle étudei réalisée par les économistes du Groupe d’Analyse pour le compte de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac révèle qu’en 2008 le tabagisme était responsable d’environ le tiers (32,6 %) des coûts associés aux journées complètes d’hospitalisation dans les grands centres hospitaliers de courte durée du Québec. Cette utilisation excédentaire génère, à elle seule, des coûts additionnels totalisant près de 930 millions de dollars chaque année, un montant qui ne tient compte que d’une fraction de la gamme des soins de santé dispensés dans les hôpitaux au Québec. (Voir la fiche sur les soins hospitaliersii)
« Il est scandaleux de constater que près du tiers des coûts déboursés par les contribuables pour soutenir les hospitalisations au Québec sont dus à des produits complètement inutiles, dont l’existence sert uniquement à générer des profits pour des multinationales sans scrupules. » affirme Flory Doucas, porte-parole de la Coalition.
« Ce ne sont pas que les fumeurs qui sont victimes des produits de l’industrie du tabac, mais tous les Québécois qui font face à des temps d’attente excessifs ou des séjours interminables sur les civières dans les couloirs des urgences, dus en grande partie au fardeau du tabac sur le système de santé. »
Selon le Groupe d’Analyse, le pourcentage élevé des coûts d’hospitalisation engendrés par le tabagisme — par rapport à la morbidité due au tabagisme — s’explique par le fait que, « même à maladies égales, le tabagisme est associé à des séjours hospitaliers plus longs pour les fumeurs actuels et anciens fumeurs. Ceci est probablement causé par la nature plus aigue des crises, d'un plus grand nombre de complications et d’une durée plus importante de la période de guérison chez les fumeurs. »
Depuis plusieurs années, la croissance fulgurante des coûts liés à la santé occupe l’actualité. La semaine dernière encore, les premiers ministres des provinces et territoires discutaient des moyens à mettre en œuvre pour préserver le système de santé. Ils proposaient entre autres d’encourager de saines habitudes de vie pour réduire le fardeau imposé au système.
L’étude du Groupe d’Analyse démontre clairement que, dans la perspective de réduction de la facture des soins de santé, la lutte contre le tabac devrait être une priorité pour le Québec. En mettant tout en œuvre pour réduire le tabagisme et éviter que les jeunes commencent à fumer, le gouvernement empêchera non seulement des milliers de décès inutiles et prématurés, mais améliorera de façon dramatique l’accès aux soins hospitaliers pour l’ensemble des Québécois.
« Les professionnels de la santé font du mieux qu’ils peuvent avec les ressources dont ils disposent, et les gouvernements continuent à augmenter les dépenses en matière de santé. Mais réduire la demande, ne serait-ce pas la meilleure solution pour la santé de la population, la qualité des soins et les finances de l’État? La lutte contre le tabagisme constitue le moyen le plus évident pour réduire de façon dramatique la demande en soins de santé, d’autant plus que le tabac ne procure aucun bénéfice à la société. Les gouvernements ont déjà réussi à tronquer de presque la moitié le taux de tabagisme au Québec en seulement dix ansiii. Il est donc tout à fait envisageable d’éliminer le tabagisme dans une ou deux générations. »
Bien que les lois et les règlements adoptés à ce jour aient permis de diminuer de manière significative le taux de tabagisme, il reste que bien plus d’un million de Québécois fument encoreiv et que l’industrie du tabac réussit à recruter 650 jeunes chaque semainev.
- 30 -
Informations :
Flory Doucas, Coalition québécoise pour le contrôle du tabac : 514-598-5533 ou 514-515-6780(cellulaire)
Pierre-Yves Crémieux, Groupe d’Analyse : 617-425-8135
Lisa Pinheiro, Groupe d’Analyse : 514-394-4460
Marissa Ginn, Groupe d’Analyse : 514-394-4460
i Pierre-Yves Crémieux, Lisa Pinheiro, Marissa Ginn, Michel Cloutier, Groupe D’Analyse, « IMPACT DIRECT DU TABAGISME SUR LE SYSTÈME DE SANTÉ AU QUÉBEC », 10 août 2010, pour le compte de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac
ii Pierre-Yves Crémieux, Lisa Pinheiro, Marissa Ginn, Michel Cloutier, Groupe D’Analyse, « FICHE D’INFORMATION - Utilisation excédentaire des ressources médicales due au tabagisme : Soins hospitaliers », 10 août 2010. http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2010/DOCU_10_08_10_GroupeDAnalyse_Fiche_Hosp.pdf
iii Le tabagisme au Québec a chuté de 34% en 1998 à 19% en 2008 (soit une baisse de 44% en dix ans), selon l‘Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada (ESUTC) de Santé Canada. http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/tobac-tabac/research-recherche/stat/_ctums-esutc_2008/ann-histo-fra.php et l’Enquête sociale et de santé au Québec, page 10, http://www.santepub-mtl.qc.ca/Publication/pdftabac/prevalencetabagisme.pdf
iv Le taux de tabagisme diffère selon le type d’enquête (et sa méthodologie). Selon Statistique Canada, 2010. « Profil de la santé, juin 2010 » tableau sommaire de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2009, le taux de tabagisme au Québec est 22,5 %, http://www12.statcan.gc.ca/health-sante/82-228/details/page.cfm?Lang=E&Tab=1&Geo1=PR&Code1=24&Geo2=PR&Code2=01&Data=Rate&SearchText=Quebec&SearchType=Contains&SearchPR=01&B1=All&Custom;Selon l'Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada (ESUTC) de Santé Canada, le taux de tabagisme en 2008 est 19 % (les chiffres pour 2009 seront bientôt disponibles). http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/tobac-tabac/research-recherche/stat/_ctums-esutc_2008/ann-histo-fra.php
v Institut de la statistique du Québec, « Enquête québécoise sur le tabac, l'alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire, 2008 », nombre de fumeurs débutants, page 45. http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/sante/pdf2009/Tabac_alcool2008c3.pdf