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Communiqué de presse

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Pour diffusion immédiate

Jeudi, le 21 janvier 2010

Nouveaux collants publicitaires sur les paquets de cigarettes :

Stratégie de marketing illégale selon la Coalition

 

Montréal, le 21 janvier 2010 — La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac a déposé aujourd’hui une plainte auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux en lien avec les nouvelles publicités jointes aux paquets de cigarettes sous forme de collants ou d’impressions sur la pellicule en cellophane.

« Les collants sur les paquets représentent la plus récente et la plus audacieuse stratégie de l’industrie du tabac pour contourner les interdictions sur la publicité, explique Flory Doucas, porte-parole de la Coalition.


Il est clair pour nous que ces publicités sont illégales. La loi québécoise précise clairement les véhicules publicitaires à laquelle est confinée la publicité en faveur du tabac2 , et les collants sur les emballages n’en font pas partie. »

 

« Une fois de plus, l’industrie se moque des lois sur le tabac et poursuit ses efforts en vue de vanter les supposés ‘bénéfices’ de ses produits mortels auprès des fumeurs. »

Besoin de protéger les fumeurs

La publicité sur les emballages est d’autant plus importante à abolir compte tenu de la vulnérabilité accrue du principal groupe rejoint par ce type de marketing, c’est-à-dire les fumeurs. « La publicité ciblant les fumeurs est particulièrement sournoise puisque les fumeurs souffrent justement d’une dépendance à ces produits mortels et qu’ils peuvent difficilement agir en tant qu’acteurs autonomes exerçant un choix libre face à cette publicité », précise madame Doucas.

 

Effets des collants et des impressions :

Les nouveaux collants et les impressions sur la pellicule en cellophane ne peuvent être perçus comme autre chose que des publicités. Les collants sur les cigarettes Peter Jackson vantent les « valeurs » de la marque en se basant sur des concepts de qualité et de fierté. Pour ce faire, l’industrie emploie des termes comme « digne », « garde la tête haute », « couronnement d’un succès », « ne se démodera jamais », « marque de distinction », « héritage, qualité et valeur », « trésors », et « garantie d’une bonne cigarette ».

La série d’autocollants sur l’historique de la marque Player’s présente le tabagisme comme un phénomène historique positif en engageant les fumeurs dans une suite d’événements marquants.


 

De plus, l’ensemble de ces autocollants interpellent les fumeurs à interagir avec le paquet, ajoutent à l’emballage une dimension amusante, et génèrent du « bruit » visuel qui détourne davantage l’attention des mises en garde.

Pour leur part, les messages apparaissant sur la pellicule en cellophane font la promotion d’autres marques (ex. : du Maurier Goût velouté), communiquent des messages concernant l’exclusivité géographique d’une édition spéciale (ex. : du Maurier à Toronto), ou offrent de l’information concernant le changement de nom d’une marque (Matinée à Vogue).

Solutions :

Bien que le gouvernement devrait intervenir immédiatement pour mettre fin à l'utilisation de ces publicités, le problème persistera aussi longtemps que la loi demeure inchangée. En effet, les années depuis l’adoption de la Loi sur le tabac en 1998 ont clairement démontré la détermination de l’industrie à continuellement défier le gouvernement avec des nouvelles tactiques publicitaires frôlant ou dépassant les limites réglementaires.

« Même si le gouvernement intervient, il sera sans doute trop tard, puisque le dégât est déjà fait et que l’industrie passera bientôt à sa prochaine ruse. D’une façon ou d’une autre, l’industrie parvient continuellement à déjouer les restrictions sur la promotion. Pire encore, le tâtonnement du gouvernement face à ces violations invite les compagnies de tabac à adopter un comportement de plus en plus audacieux. »

« C’est pourquoi nous réclamons du gouvernement des mesures proactives qui protégeront le public, en particulier les fumeurs, avant que l’industrie mette sur le marché un nouveau 'gadget' séducteur sur les emballages. Plus précisément, il faut immédiatement instaurer un moratoire sur les nouveaux produits du tabac et par la suite imposer un emballage générique pour tous les produits de tabac existants », conclut madame Doucas.

1- Moratoire sur les nouveaux produits :

Si, aujourd’hui, on inventait des produits du tabac pour la première fois, leur mise en marché serait immédiatement interdite. Or, les gouvernements permettent à l’industrie d’introduire d’année en année de nouveaux produits du tabac qui ont pour objectif de séduire de nouvelles clientèles. Une interdiction de la mise en marché de tout nouveau produit du tabac mettrait immédiatement fin au développement de nouvelles ruses de marketing basées sur le produit et son emballage.

2- Emballage standardisé :

L’emballage standardisé (également nommé « neutre » ou « générique ») éliminerait sur le paquet toutes les couleurs, le graphisme et les logos qui composent l’imagerie des marques, ainsi que toute forme de publicité additionnelle. Seul le nom de la marque — de grandeur et en caractères standard — serait permis et ce, d'une couleur terne standard.  

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Information: Flory Doucas : 514-598-5533; cellulaire : 514-515-6780

2 La loi québécoise n’autorise la publicité que sur des affiches publicitaires dans les points de vente et dans les journaux ou magazines imprimés. Cependant, la publicité dans les imprimés est interdite par la loi fédérale depuis le 8 octobre 2009. Même si la santé est de juridiction conjointe, c’est la mesure la plus sévère qui s’applique.