
Pour diffusion immédiate
Montréal, le mardi 26 mai 2009
Projet de loi fédéral sur les saveurs et la promotion du tabac :
Une
législation prometteuse
Montréal, le 26 mai 2009 —
La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac accueille
très favorablement le projet de loi sur le tabac
déposé aujourd’hui par le gouvernement fédéral.
« Bien qu’elle n’aille pas aussi loin que nous l’aurions
souhaité, la législation contient des dispositions essentielles qui
vont considérablement augmenter la protection des jeunes contre les
stratégies de marketing de l’industrie du tabac. Dorénavant,
l’industrie ne pourra plus dissimuler la nocivité de ses produits au
moyen de saveurs de fruits et de bonbons, » affirme Louis
Gauvin, porte-parole de la Coalition.
Le projet de loi
« Loi
modifiant la Loi sur le tabac » :
interdit l’ajout de saveurs dans les cigarettes, les cigarillos et les tubes de tabac (« blunts »), à l’exception du menthol,
impose un minimum de 20 cigarillos ou 20 tubes de tabac par emballage et
interdit la publicité dans les imprimés;
Selon la Coalition, ces mesures
règlent une grande partie le problème de la mise en marché des
cigarillos aromatisés, problème contre lequel
la Coalition se bat depuis plusieurs
années. « Ces produits, introduits sur le
marché il y a à peine 5 ans, sont, à eux seuls, responsables de
l’augmentation du tabagisme chez les jeunes Québécois. Enfin, la
mise en marché de ces produits mortels en mini-paquets amusants et
multicolores aux saveurs de chocolat et de fraises sera interdite !
» s’exclame monsieur Gauvin.
« Au Québec, l’introduction des cigarillos aromatisés a été un
désastre pour la santé publique. » En effet, le cigarillo est
devenu le produit d’initiation au tabac par excellence au Québec.
Plus du tiers des élèves en dernière année du secondaire (16-17 ans)
fument le cigarillo[i].
Les recherches les plus récentes ont démontré que la consommation de
tabac, même très faible, peut entraîner la dépendance. Les jeunes
qui expérimentent les cigarillos peuvent facilement développer une
dépendance à la nicotine, dont le taux est similaire à celui contenu
dans la cigarette. Ces jeunes risquent ensuite de se tourner vers
les cigarettes qui, en grande quantité, sont nettement moins chères.
En d’autres mots, « même si c’est un produit marginal et qu’il ne
représente qu’une faible partie du marché, le cigarillo joue un rôle
déterminant dans l’initiation au tabagisme chez les jeunes"
Saveurs
La législation permettrait d’éliminer la majorité des additifs ayant des propriétés aromatisantes dans les cigarettes, cigarillos et tubes à tabac. Cependant, les saveurs demeureraient permises dans le tabac à usage oral (tabac à chiquer, snus) et dans les cigares. « Nous comprenons difficilement pourquoi le gouvernement ne veut pas appliquer l’interdiction des saveurs à toutes les formes de tabac. Tous les produits du tabac sont dangereux et tout le monde devrait être protégé de la manipulation trompeuse qu’est l’ajout de saveurs, » commente monsieur Gauvin.

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Tabac à chiquer en différentes saveurs présentement disponible sur
le marché
De plus, il n’y a aucune justification valable pour permettre le
menthol qui, justement, facilite l’adoption et la dépendance. En
effet, l’industrie ajoute le menthol pour adoucir les effets
irritants de la fumée[ii]
et des études montrent que l’arrêt tabagique est plus difficile pour
les fumeurs de cigarettes mentholées[iii].
Le menthol et ses saveurs connexes (menthe, menthe verte, menthe
douce, etc.) sont associés aux friandises et aux gommes à mâcher et
ne devraient pas être associés à un poison aussi dangereux que le
tabac. « Les saveurs augmentent l’attrait des produits du tabac,
adoucissent les effets désagréables comme l’odeur de la fumée et le
goût du tabac à chiquer, et minimisent la perception des dangers du
tabac en l’associant aux desserts et aux vins. Le gouvernement
devrait interdire toutes les saveurs dans tous les produits du
tabac. »

éCigarettes
et cigarillos
« menthol » à côté de friandises et de gommes qui utilisent aussi le
menthol ou d’autres saveurs « vertes » comme la menthe.
Publicité
Une interdiction de la publicité dans
les imprimés aurait pour effet d’éliminer un des deux véhicules
publicitaires conventionnels qui restent encore à l’industrie du
tabac au Québec[iv].
En effet, la Loi sur le tabac du Québec ne
permet que l’affichage aux points de vente et la publicité dans les
imprimés. Ainsi, avec une interdiction fédérale de la publicité dans
les imprimés, la seule publicité conventionnelle qui serait permise
au Québec serait les affiches (restreintes) dans les points
de vente (les dispositions fédérales et québécoises s’appliquent en
même temps). La Coalition se réjouit donc du fait que « la
nouvelle législation fédérale amènerait le Québec à faire un pas de
plus vers une interdiction totale de la promotion en faveur du
tabac. Mais pour avoir une interdiction réelle et totale de toute
les formes de promotion du tabac, il faut aussi éliminer la
publicité dans les imprimés importés, la publicité au détail et,
surtout, la publicité sur les emballages, » conclut monsieur
Gauvin.
La Coalition espère obtenir des amendements pour renforcer le
projet de loi, tout en encourageant son adoption et son implantation
dans les plus brefs délais.
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Pour de plus amples renseignements :
Louis Gauvin : Coalition québécoise pour le contrôle du tabac : 514-598-5533 / Tél. cell. : 514-816-5493
[i] (Comparativement à 21% qui fument la cigarette) : Institut de la statistique du Québec, « Enquête québécoise sur le tabac, l'alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire, 2006 », page 45 et 49. http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/sante/pdf2007/Tabac_Alcool2006.pdf
[ii] “Effet anesthésiant”, Ferris Wayne, G., Connolly, G., “Application, function, and effects of menthol in cigarettes: A survey of tobacco industry documents”, Nicotine & Tobacco Research, Vol 6 Suppl. 1, février 2004. http://www.ntrjournal.org/ferris_wayne.pdf
[iii] Benowitz, N., Houston, T., Kiefe, C., “Smokers of menthol cigarettes may have harder time quitting” dans “Conorary Artery Risk Development in Young Adults”, Archives of Internal Medicine, 25 sept. 2006. http://universityofcalifornia.edu/news/article/8525
[iv] L’industrie peut encore, dans les autres provinces que le Québec, envoyer des publications aux adultes, faire la promotion dans les bars.