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Communiqué de presse

Pour diffusion immédiate

Montréal, mardi le 19 février 2008

Nouvelles données sur l’usage et la toxicité des cigarillos:

Les cigarillos et les jeunes : une bombe à retardement
 

Montréal, le 19 février 2008 — De nouvelles données sur l’usage des cigarillos chez les jeunes Québécois ainsi que sur leur toxicité intensifient l’urgence pour le gouvernement d’agir dans ce dossier. « Le vide réglementaire a laissé le champ libre aux compagnies de tabac pour mettre en marché des produits de tabac particulièrement attrayants pour les jeunes, » dit Louis Gauvin, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. « Pendant que les gouvernements se tournent les pouces, le problème ne cesse de s’aggraver. Le résultat de cette inaction se manifeste aujourd’hui avec le renversement scandaleux de la tendance à la baisse des 10 dernières années de l’usage du tabac chez les jeunes. »

L’analyse par les Médecins pour un Canada sans fumée de la plus récente Enquête de surveillance de l’usage du tabac dans les populations canadiennes (ESUTC)[i] de Santé Canada révèle les faits inquiétants suivants :

*  L’inclusion de l’usage des cigarillos dans le « taux de tabagisme » chez les jeunes Québécois de 15‑24 ans fait grimper le taux de 23 % à 30 %[ii],[iii], ce qui représente une augmentation de 30 % du nombre de jeunes fumeurs. Les enquêtes populationnelles des deux paliers de gouvernement définissent le « taux de tabagisme » comme étant l’usage de cigarettes seulement. L’usage des cigarillos est mesuré séparément.[iv]

*  Plus le groupe d’âge est bas, plus les cigarillos sont populaires. Les taux les plus élevés d’usage de cigarillos ont été rapportés auprès des groupes d’âge les plus bas : L’usage récent des cigarillos auprès des 12-17 ans au Québec est de 22 % (ISQ)[v]. Les nouvelles données montrent un taux de 17 % chez les adolescents de 15-19 ans[vi]. Le nombre de personnes ayant rapporté avoir récemment fumé un cigarillo/cigare parmi les individus sondés de 20 ans+ était trop bas pour en établir un taux de prévalence. De plus, si on regarde l’ensemble de la population canadienne, cette tendance se maintient, avec 12 % d’usage récent chez les 15-19 ans, 9 % chez les 20-24 ans et 3 % chez les 25 ans+.[vii]

*  Les jeunes Québécois expérimentent autant, sinon plus, avec les cigarillos qu’avec les cigarettes. Selon les nouvelles données, 40 % des jeunes Québécois (15-19 ans) ont déjà essayé le cigarillo, comparativement à 38 % qui ont essayé la cigarette.[viii]

*  Aucune autre province ne rapporte des taux d’usage aussi élevés que ceux du Québec.[ix] Selon les données, 17 % des jeunes Québécois (15-19 ans) ont récemment fumé un cigarillo, comparativement à la moyenne canadienne de 12 %.[x]

D’autre part, selon une récente étude scientifique de Santé Canada[xi] :

*  La fumée provenant d’un échantillon de cigarillos (incluant la marque « Prime Time ») a dégagé entre 67 % et 200 % plus de goudron que celle qui est dégagée par la cigarette standard de référence avec filtre. La fumée des cigarillos sans filtre a dégagé au moins 36 mg de goudron, alors que la fumée de cigarillos avec filtre en a dégagé entre 20 et 25 mg. La cigarette standard de référence dégage 12 mg de goudron.

*  Les cigarillos ont dégagé autant sinon plus de nicotine. La concentration de nicotine dégagée par les cigarillos avec filtre ressemblait à celle de la cigarette standard avec filtre (cigarette de référence), et la fumée dégagée par les cigarillos sans filtre comportait au moins deux fois plus de nicotine.

« Il faut interpréter ces observations avec prudence. On ne peut pas dire que les cigarillos sont plus nocifs que les cigarettes, puisque ces observations proviennent de machines et ne tiennent pas compte des habitudes des usagers, qui peuvent varier de nombreuses façons (ex : quantité et fréquence d’unités consommées ; intensité, profondeur et durée des bouffées), » explique monsieur Gauvin. « Mais il est important de démystifier l’impression erronée que les cigarillos sont moins dangereux que la cigarette et qu’ils sont moins susceptibles de créer une dépendance à la nicotine.[xii] En somme, la fumée des cigarillos contient les mêmes produits chimiques que celle des cigarettes, incluant la nicotine, et une exposition à long terme à cette fumée provoque les mêmes risques de maladies. »

Il y a maintenant un an et demi que la Coalition a sonné l’alarme face à la menace des cigarillos. Aucune action gouvernementale n’a encore été prise. Puisqu’ils échappent aux normes liées aux cigarettes, les cigarillos peuvent être vendus à l’unité sans mises en garde. De plus, les fabricants sont libres d’ajouter des saveurs de friandises et de les présenter dans des emballages qui ressemblent à des bonbons ou à des bâtons de rouge à lèvres.

La popularité des cigarillos témoigne aussi de la puissance de la promotion aux points de vente. En effet, les présentoirs et étalages étaient les seules formes de promotion effectuées pour ces produits. Seulement quelques années ont suffi pour que le phénomène des cigarillos dépasse celui de la cigarette chez les jeunes. « Bien que ces étalages devront disparaître dès le 31 mai prochain, leur présence a eu un impact dévastateur qui se manifestera encore longtemps », prédit le porte-parole de la Coalition.

« Les cigarillos s’avèrent des produits d’initiation au tabac pour les jeunes. Ces derniers les voient comme des produits occasionnels aux arômes agréables et d’allure mignonne, alors qu’en réalité ils contiennent autant sinon plus de goudron et de nicotine. Une fois accros, ces jeunes risquent de se tourner vers les cigarettes, qui sont moins chères en quantité nécessaire pour alimenter leur dépendance. » L’enquête de l’ISQ révèle que près de la moitié (45,3 %) des fumeurs de cigarettes « débutants » sont également des consommateurs occasionnels de cigares[xiii]. C’est la plus grande proportion parmi toutes les catégories de fumeurs de cigarettes.

La Coalition a demandé au gouvernement du Québec, en ce qui a trait spécifiquement aux cigarillos :

      1. D’interdire la vente de cigarillos à l’unité (soit un minimum de 20 unités par emballage).
2.
 D’établir un prix plancher pour tout produit de tabac.
3.
 D’interdire l’ajout d’arômes ou de saveurs dans tous les produits de tabac, incluant les cigarettes mentholées, et d’interdire sur l’emballage et dans le nom de la marque toute référence textuelle ou graphique évoquant des saveurs, arômes, bonbons, boissons (alcoolisées ou autres), ou autres denrée comestible.
4.
 D’obliger des mises en garde québécoises sur les cigares, et qu’elles soient aussi prépondérantes que celles (fédérales) sur les cigarettes.
5.
 De standardiser l’emballage des produits de tabac pour qu’il soit neutre et générique, ce qui éliminerait la plupart des manœuvres de marketing pour rendre ces produits attrayants.

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[i] Santé Canada, « Enquête de surveillance de l’usage du tabac dans les populations canadiennes, 1ère vague 2007 », 11 janvier 2008, http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/tobac-tabac/research-recherche/stat/ctums-esutc_2007_f.html

[ii] Médecins pour un Canada sans fumée, « Cigarillo Smoking in Quebec: a review of results from CTUMS, Wave 1 – 2007 », février 2008, http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2008/DOCU_08_02_16_PSFC_cigarillos_Quebec_2008.pdf; Note de MCSF: “In order to make this comparison, the definition of current smoking has been modified from that conventionally used by Health Canada.  The change involves including as smokers those who have smoked fewer than 100 cigarettes.  This allowed better comparison with cigarillo smoking, for which no questions about lifetime use were asked. The results are very similar to those using the conventional measurement of excluding beginners”.

[iii] Le taux d’usage du tabac (cigarettes et cigarillos) nécessite la combinaison de deux mesures différentes effectuées par Santé Canada, selon le produit. Le taux d’usage du tabac est mesuré en regroupant les fumeurs « quotidiens » et « occasionnels ». L’usage des cigarillos est mesuré par le critère « a fumé un cigarillos pendant les 30 derniers jours ». Les gens qui ont déjà fait l’essai d’un cigarillo mais qui n’en ont pas consommé pendant les 30 derniers jours ne sont pas inclus dans ce taux.

[iv] De façon similaire, l’inclusion de l’usage des cigarillos dans le « taux de tabagisme » des jeunes Québécois de 12-17 ans gonflerait ce taux de 15 % à au moins 22 % selon les données de la récente Enquête québécoise sur le tabac, l’alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire, 2006 de l’institut de la Statistique du Québec (ISQ)

[v] Institut de la statistique du Québec, « Enquête québécoise sur le tabac, l’alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire, 2006 ». http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/sante/pdf2007/zoom_sante_nov_tabac07.pdf.

[vi] Médecins pour un Canada sans fumée, « Cigarillo Smoking in Quebec : a review of results from CTUMS, Wave 1 – 2007 », février 2008”, http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2008/DOCU_08_02_16_PSFC_cigarillos_Quebec_2008.pdf

[vii] Médecins pour un Canada sans fumée, « Cigarillo Smoking in Canada : a review of results from CTUMS, Wave 1 – 2007 », février 2008”, http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2008/DOCU_08_02_08_PSFC_cigarillos_Canada_2008.pdf

[viii] Médecins pour un Canada sans fumée, « Cigarillo Smoking in Quebec : a review of results from CTUMS, Wave 1 – 2007 », février 2008”, http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2008/DOCU_08_02_16_PSFC_cigarillos_Quebec_2008.pdf

[ix] Médecins pour un Canada sans fumée, « Cigarillo Smoking in Canada : a review of results from CTUMS, Wave 1 – 2007 », février 2008” , http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2008/DOCU_08_02_08_PSFC_cigarillos_Canada_2008.pdf

[x] De plus, 40 % des jeunes au Québec ont déjà essayé le cigarillo, comparativement à la moyenne canadienne de 31 %.

[xi] Santé Canada, « Little Cigars – Big Concerns », juin 2000. http://cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2008/DOCU_07_00_00_HC_LittleCigars.pdf

[xii] Santé Canada, « Health Warning Messages on Smokeless Tobacco, Cigars and Pipe Products: A Qualitative Study with Consumers », effectuée par Les Études de Marché Créatec +, avril 2003. http://www.smoke-free.ca/warnings/WarningsResearch/574-043%20Report%20(HWM%20on%20Smokeless%20Tobacco,%20Cigars%20and%20Pipe%20P.doc

[xiii] Institut de la statistique du Québec, « Enquête québécoise sur le tabac, l’alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire, 2006 ». http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/sante/pdf2007/zoom_sante_nov_tabac07.pdf.


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Source :

Louis Gauvin, Coalition québécoise pour le contrôle du tabac: (514) 598-5533 / cellulaire: 514-816-5493
Neil Collishaw, Médecins pour un Canada sans fumée: (613) 233-4878, (613) 297-3590