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Communiqué de presse

Pour diffusion immédiate

Montréal, le lundi 28 novembre,  2005

Opposition à la Loi sur le tabac :

 

Le “comité contre la loi 112 anti-tabac”

a recours à la désinformation, selon la Coalition

 

Montréal, le lundi 28 novembre 2005 — La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac déplore les déclarations trompeuses utilisées dans une annonce pour attirer des propriétaires de bars à une manifestation (prévue le 29 novembre) pour s’opposer à la Loi sur le tabac. « On peut bien s’opposer à des mesures gouvernementales, mais utiliser la désinformation pour semer la panique, c’est malhonnête et dangereux, » dit Louis Gauvin, coordonnateur de la Coalition.

Selon la Coalition, le « comité contre la loi 112 anti-tabac » utilise l’arme de la peur pour rechercher des appuis parmi les tenanciers de bars dans le but d’empêcher la mise en vigueur d’une importante mesure de santé publique qui est appuyée par la grande majorité des Québécois et qui a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en juin dernier.

« Contrairement à ce que dit la publicité de ce groupe de commerçants, les conséquences économiques des interdictions de fumer dans les bars dans les juridictions d’Ottawa, du Nouveau-Brunswick et de New York sont ou bien minimes ou bien positives selon plusieurs études rigoureuses, crédibles et reconnues. Les chiffres utilisés par le comité sont faux ou hors contexte, et ne représentent pas la réalité, » explique monsieur Gauvin. (Voir les études disponibles plus bas.)

Guy Schryburt, ancien directeur des opérations du Excellent Eateries Group (Ottawa) et président de la section d’Ottawa de l’Association ontarienne des restaurants, hôtels et motels corrobore en disant : « Partout où l’on songe à interdire de fumer, des groupes soutenus par l’industrie du tabac sèment la panique chez les employés et exploitants, en particulier chez les tenanciers de bars. Ils prédisent des impacts économiques catastrophiques. Mais selon notre expérience, la réalité est tout autre. Une fois l'interdiction en place, les gens s’y conforment sans grande difficulté ou désordre et la vie continue. Je sais ce dont je parle : j’ai moi-même été longtemps gestionnaire de plusieurs resto-bars et d’une discothèque dans la région d'Ottawa. Comme tous les propriétaires, je m’inquiétais au début. Mais comme le confirment les statistiques, je n’avais pas à me faire de souci. Je ne voudrais jamais revenir en arrière. » En effet, monsieur Schryburt ouvre un nouveau resto-bar non-fumeur situé à Clarence-Rockland dont l’ouverture est prévue pour février 2006.

 « Éventuellement, les adversaires de la Loi sur le tabac devront faire face à l’évidence : l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics devient de plus en plus la norme à travers le monde, et la loi québécoise n’est pas révolutionnaire », ajoute monsieur Gauvin. « Il est en fait grand temps que le gouvernement empêche l’empoisonnement quotidien des milieux publics et de travail par la fumée secondaire. En effet, le Québec est huitième parmi les provinces et territoires canadiens qui interdisent le tabac dans tous les lieux publics, incluant les bars. Au lieu de s’accrocher à la situation actuelle (et défendre le pseudo-droit de pouvoir nuire à la santé de son prochain), les tenanciers de bars devraient voir dans cette interdiction l’occasion de ramener dans les bars une clientèle de non- fumeurs qui les fuit actuellement. 

 « Il n’est pas surprenant de voir que certains groupes de commerçants ou d’intérêts ne renoncent pas à leur opposition à la Loi sur le tabac. Pour certains, la poursuite illusoire de profits demeure plus importante que la santé de ses employés.

 « Évidemment, ceci constitue encore une tactique d'intimidation au nom des intérêts économiques et au détriment de la santé publique. Il est important que le gouvernement ne se laisse pas intimider par ces manœuvres malavisées et, au contraire, qu'il investisse tous ses efforts pour que la loi soit appliquée le plus fermement possible. » conclut monsieur Gauvin.

 

Pour plus d’information, veuillez contacter :

- Louis Gauvin, Coordonnateur, Coalition québécoise pour le contrôle du tabac (514) 598-5533 / (514) 361-7046

- François Morin, Chargé de projet, Coalition québécoise pour le contrôle du tabac (514) 598-5533 / (514) 708-1369

- Guy Schryburt, président de la section Ottawa, Ontario Restaurant, Hotel & Motel Association  (613) 277-3735

- Flory Doucas, analyste des politiques, Association pour les droits des non-fumeurs (514) 843-3250

- Jacques Roy, président de la Coalition Gatineau sans fumée (819) 778-6622

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1)   Concernant les bars à Ottawa :

MYTHES : « 60 bars et pubs sur 210 ont fermé leurs portes dans la première année » après l’adoption de la loi[1].

FAITS : Six mois après l’adoption de la loi à Ottawa, le nombre d’emplois dans le secteur de la restauration (restos et bars) avait augmenté de 6,5%, malgré une baisse moyenne dans les autres secteurs d’emploi de 3%[2]. Deux « tavernes, bars et discothèques » ont fermé leurs portes en 2001, comparativement à un établissement l’année précédant l’entrée en vigueur de la loi et à deux en 1999.[3] 

 

N’oublions pas que les groupes qui tentent de démontrer de impacts négatifs sont généralement financés ou étroitement liés à l’industrie du tabac, dont l’Institut économique de Montréal, PUBCO, Monchoix.ca et l’Association canadienne Air pour tous / Fair Air Association of Canada (FAAC),

 

2)   Concernant les bars à New York :

MYTHE : « Loi anti-tabac à New-York = 2 500 emplois perdus »[4].

FAITS : Le 6 janvier 2004, le Commissionnaire des Finances de la Ville de New York annonçait que, six mois après l’adoption de la loi, les reçus de taxes des bars et restaurants avaient augmenté de 12% comparativement à la même période de l’année précédente, soit en 2002.[5] De plus, l’industrie des bars et restaurants a généré 10 000 emplois de plus que l’année précédente dans les mois qui ont suivi l’adoption de la loi anti-tabac.[6]

 

3)   Concernant les bars et pubs irlandais:

Un an après que l’interdiction totale de l’usage dans les lieux publics (incluant les bars) ait été appliquée (en mars 2005), on observait une baisse d’à peine 0,2% des ventes d’alcool dans les pubs comparé à l’année précédant la loi, tendance à la baisse qui se manifestait depuis 2001 à cause de l’augmentation du prix de l’alcool. Mais en septembre 2005 (6 mois plus tard), une étude indiquait que le volume total des ventes dans les pubs était à son plus haut niveau depuis janvier 2003: la vente de bière, vin, spiritueux et nourriture dans les pubs a augmenté de 7,4% entre janvier et août 2005, selon l’Index de ventes au détail. [8]

 

4)   Concernant les études sur les impacts économiques :

Une analyse scientifique de toutes les études sur l’impact économique des mesures antitabac produites avant août 2002 a montré que les études montrant un impact négatif étaient 4 fois plus souvent basées sur des données subjectives (ex : l’opinion des commerçants) et étaient 20 fois plus susceptibles de ne pas être révisées par des pairs, comme l’oblige les revues scientifiques, comparativement aux études ne montrant pas d’impacts négatifs. Toutes les études montrant des impacts négatifs était financées par l’industrie du tabac. Toutes les études les plus scientifiquement rigoureuses ont montré ou bien aucun impact, ou bien un impact positif.[9]

 

5)   L’appui de la population québécoise pour les interdictions de fumer :

Au Québec, 79% de la population appuient une interdiction totale dans tous les milieux publics, incluant 51% des fumeurs.[10] N’oublions pas que 78% de la population (15 ans et plus) sont des non-fumeurs.[11]

 

6)   La santé des travailleurs de bars :

Les employés travaillant dans des conditions enfumées sont plus susceptibles de développer des maladies respiratoires[12],[13] comme l’asthme et les bronchites, le cancer du col de l'utérus, de la vessie, des sinus du nez et du cerveau, et de souffrir d’irritation des yeux, de la gorge et de respiration sifflante.[14] L'exposition à la fumée secondaire pendant aussi peu que 30 minutes peut aller jusqu’à entraîner des réactions physiques reliées à des maladies ou à des crises cardiaques. [15],[16],[17]

 

7)   Les fausses « solutions » prônées par l’industrie :

Compte tenu de la toxicité des substances dans la FTS, on aurait besoin de créer des débits d’air de l’ordre d’une tornade[18], soit de 50,000 litres par seconde par occupant, pour parvenir à réduire le risque d’exposition à un niveau acceptable.[19]     

 

De plus, la mise en œuvre des politiques permettant des fumoirs est difficile et faible. Par exemple, plus de 78% des fumoirs construits entre 2001 et 2003 dans la municipalité de York (Ontario) n’étaient pas conformes à la réglementation selon une étude. Dans 50% des cas, le système de ventilation ou son manque d’entretien était à l’origine de la non-conformité.[20]


[1] Comité contre la loi 112 sur le tabac, publicité, Journal de Montréal, le 24 novembre 2005.

[2] OCAT, A province-wide 100% smoke-free workplace and public place law for Ontario : evidence and issues, etude, mise à jour 16 févier 2004.

[3] KPGM, Economic Impact Analysis of the Non-Smoking By-Law on the Hospitality Industry in Ottawa, etude, décembre 2001.

[4] Comité contre la loi 112 sur le tabac, publicité, Journal de Montréal, le 24 novembre 2005.

[5] New York City Department of Health and Mental Hygiene, “Initial Effects of New York City Smoking ordinance”, etude, 23 juillet 2003.

[6] New York City Department of Health and Mental Hygiene, “Initial Effects of New York City Smoking ordinance”, etude, 23 juillet 2003.

[8] Paul Melia, “After the smoking ban…it,s back to the pub as sales jump”, The Irish Independent, article, 14 septembre 2005.

[9] M Scollo, A Lal, A Hyland and S Glantz, “Review of the quality of studies on the economic effects of smoke-free policies on the hospitality industry”.  Tobacco Control 2003;12:13-20

[10] Léger Marketing, Étude Omnibus, au compte du Conseil québécois sur le tabac et la santé, Janvier 2005

[11] Enquête de surveillance de l’usage du tabac au Canada (ESUTC), Sommaire des résultats pour 2004. Tableaux supplémentaires. http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/tobac-tabac/research-recherche/stat/ctums-esutc/2004/index_f.html

[12] Eisner M, Smith A, Blanc P.  Bartenders' Respiratory Health After Establishment of Smoke-Free Bars and Taverns.  Journal of the  American Medical Association (JAMA) 1998; 280:1909-1914.

[13] Jaakkola M, Piipari R, Jaakkola N, Jaakkola J.  Environmental Tobacco Smoke and Adult-Onset Asthma: A Population-Based Incident Case–Control Study.  American Journal of Public Health, December 2003, Vol 93,(12):2055-2060.

[14] Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST/CCOHS). Réponses SST. Questions psychosociales: Fumée de tabac ambiante (FTA): information générale et effets sur la santé. www.cchst.ca/reponsessst/psychosocial/ets_health.html (consulté mai 2004).

[15] Otsuka R, Watanabe H, Hirata K, et al.  Acute effects of passive smoking on the coronary circulation in healthy young adults.  Journal of the American Medical Association (JAMA) 2001 25;286(4):436-441.

[16] Wells, J. Passive Smoking as a Cause of Heart Disease. Journal of the American College of Cardiology, Vol. 24, août 1994, pp. 546-554.

[17] Santé Canada.  La fumée secondaire : les faits. Programme de lutte au tabagisme, Canada, 2004.  www.hc-sc.gc.ca/hecs-sesc/tabac/faits/faits_sante/secondaire.html (consulté en novembre 2004)

[18] Repace, J. “Risk Management and Passive Smoking at Work and at Home, St. Louis University Public Law Review, 13(2);763-785, 1994.

[19] Repace J, Jinot J, Bayard S, Emmons K, Hammond SK. Air nicotine and saliva cotinine as indicators of workplace passive smoking exposure risk. Risk Analysis 1998; 18: 71–83.

[20] Weaver J & Alonzi T. Results of the Designated Smoking Room (DSR) Air Flow Compliance Checks in York Region (February 2003-June 2004), York Region Tobacco Education and Control program, presentation, 29 juin, 2004.