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Consultation
publique sur la Loi sur le tabac
Les groupes
de santé réclament à l’unanimité
le renforcement de la Loi sur le tabac
Montréal, le
24 février 2005 - À la veille de la fin de
la consultation sur la révision de la Loi sur le tabac, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac et ses partenaires,
le Conseil québécois sur le tabac et la santé, l’Association
pour la santé publique du Québec, l’Association pour les droits
des non-fumeurs, la Société canadienne du cancer, division
du Québec, la Fondation des maladies du cœur du Québec, Acti-Menu, la
Fédération des médecins spécialistes et la Coalition Gatineau Sans Fumée
font connaître leurs revendications en
rendant publics les mémoires déposés à la demande du ministre de la
Santé et des Services sociaux.
Ces mémoires mettent en lumière le consensus auquel sont arrivés les
groupes de santé : la Loi sur le tabac doit être renforcée.
L’adoption de la loi en 1998, a entraîné des gains importants en matière
de diminution du tabagisme. Au Québec, lors de l’adoption de cette loi,
les fumeurs représentaient 34% de la population, ce chiffre est
aujourd’hui réduit à 25,9 %. Au moment de son adoption, la Loi sur le
tabac était considérée par plusieurs experts comme étant la plus
progressiste en matière de santé en Amérique du Nord et dans le monde.
Le Québec, à cette époque, avait même été honoré d’une médaille d’Or par
l’Organisation mondiale de la santé. Depuis, la lutte anti-tabac s’est
affirmée ailleurs et notre Loi sur le tabac est désormais en
retard. Il est donc urgent de réviser cette loi.
Aujourd’hui, les dangers entourant les toxiques contenus dans la fumée
de tabac secondaire sont beaucoup mieux connus et documentés: la fumée
secondaire est cancérigène et coûte la vie à quelque 350 Québécois par
année. Tous les groupes de santé sont d’accord : la loi doit protéger
les non-fumeurs et interdire totalement de fumer dans les lieux publics,
incluant les bars et les restaurants, sans possibilité de fumoirs.
Pour monsieur Mario Bujold du Conseil québécois sur le tabac et la
santé, « le gouvernement devrait intervenir pour éliminer toute
exposition involontaire à la fumée de tabac secondaire subie par la
population. Tout le monde devrait avoir le droit à de l’air sain, tout
comme tous les travailleurs ont droit à des conditions de travail
sécuritaires. Pour ce qui est des fumoirs, les études scientifiques et
l’expérience ont démontré que les fumoirs n’assurent pas une protection
adéquate contre la fumée secondaire pour les clients et employés
non-fumeurs. Les fumoirs n’ont pas de raison d’être. »
Sur cette question d’ailleurs, l’état de la science a évolué au même
titre que le consensus social. C’est pourquoi on constate avec
satisfaction que plusieurs provinces canadiennes et territoires, le
Nouveau-Brunswick, l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, les
Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, ont adopté une législation qui
interdit de fumer dans les lieux publics tels les bars et les
restaurants.
Le tabagisme chez les jeunes est encore beaucoup trop élevé à 23% de
fumeurs et fumeuses. C’est pourquoi les groupes de santé demandent à
l’État d’intervenir au niveau de la promotion de la cigarette et des
activités de commercialisation des compagnies de tabac. Ainsi, c’est
d’une même voix qu’ils réclament :
-
L’interdiction de toutes formes de promotion des cigarettes en points
de vente.
-
L’interdiction des activités de commercialisation, de marketing et
de promotion de l’industrie du tabac.
« Malgré les restrictions sévères de la publicité des produits du
tabac dans la loi actuelle, » explique François Damphousse de
l’Association pour les droits des non-fumeurs « l’industrie a trouvé
de nombreux moyens de contourner la loi pour faire la promotion de type
« style de vie », les « cigarette girls » dans les partys n’étant qu’un
exemple parmi plusieurs. Nous croyons que le gouvernement devrait
réécrire le chapitre 4 de la loi pour que la publicité indirecte et de
style de vie ne puissent, dans les faits, plus être utilisées comme
stratégies de marketing par l’industrie du tabac. Et même le
gouvernement pourrait maintenant être légitimé d’interdire toute forme
de publicité et de promotion des produits du tabac compte tenu de
jugements de cour qui ont été rendus pendant les dernières années.»
« De plus », précise Louis Gauvin, coordonnateur de la Coalition
québécoise pour le contrôle du tabac, « l’industrie montre ses
produits dans le quotidien de la population par le biais de la promotion
aux points de vente. Cela contribue à banaliser la dangerosité des
produits du tabac et envoie le message à la population que les
cigarettes sont des produits de consommation normaux et anodins au même
titre que la gomme ou les friandises. La visibilité et l’accessibilité
du tabac font ainsi contrepoids à tous les efforts de prévention du
tabagisme. » M. Gauvin ajoute que : « Il est complètement illogique
compte tenu de la dangerosité des cigarettes que n’importe quel commerce
et même des kiosques en plein air soient actuellement autorisés à vendre
du tabac. Ces multiples points de vente sont autant de fenêtres pour
exposer et promouvoir les produits du tabac. Il faut donc que la
nouvelle loi interdise toute promotion dans les points de vente et
qu’elle limite leur nombre. »
Finalement, les groupes de santé se disent satisfaits de cette
consultation publique et souhaitent que la législation soit rapidement
modifiée dans le sens proposé par les mémoires et qu’une nouvelle Loi
sur le tabac soit adoptée d’ici la fin de prochaine session
parlementaire.
-30-
Sources :
Louis Gauvin
Coalition québécoise pour le contrôle du tabac (514) 598-5533
François Damphousse Association pour les droits des non-fumeurs 843-3250
Mario Bujold Conseil québécois sur le tabac et la santé 948-5317, poste 22
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