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7 mai 2004 Pour diffusion immédiate
LES GROUPES DE SANTÉ DEMANDENT DES PRÉCISIONS
Montréal, le vendredi 7 mai 2004- La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac demande au gouvernement fédéral de s’assurer que les 71 millions de dollars, annoncés cette semaine par le ministre fédéral de l’Agriculture, monsieur Bob Speller, pour créer un fonds de transition pour les producteurs de tabac servent véritablement à réduire la production de feuilles de tabac au Canada. « Il y a déjà eu des programmes similaires dans le passé mais l’espace cultivé réservé au tabac n’a pas vraiment diminué. Si d’autres agriculteurs récupèrent la culture abandonnée par ceux qui profitent du fonds de transition, nous ne sommes pas vraiment avancés » affirme Louis Gauvin, porte-parole de la coalition qui regroupe plus de 750 membres au Québec.
De la fin des années 1980 au milieu des années 1990, Agriculture Canada a versé quelque 100 millions de dollars aux cultivateurs de tabac à travers le pays afin d’encourager leur diversification vers d’autres cultures. Puis, dans les années suivantes, les paiements bonifiés, versés par les compagnies de tabac pour les feuilles de tabac, ont eu pour effet de maintenir les superficies dédiée à la culture du tabac. Selon monsieur Gauvin, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac appuie la création d’un fonds de transition pour les agriculteurs. D’ailleurs, elle l’avait elle-même réclamé – et obtenu – à l’époque (1997-1998) pour compenser la disparition des commandites des compagnies de tabac. Mais, il faut maintenant s’assurer qu’un investissement de cet ampleur serve véritablement à réduire les surfaces cultivées et les quantités de feuilles produites, et non seulement à diminuer le nombre de producteurs.
Les groupes de santé s’interrogent aussi sur la cohérence du gouvernement fédéral qui augmente les sommes pour ce fonds de transition en se gardant bien d’investir les sommes prévues pour la lutte contre le tabac au Canada. « Au cours des trois dernières années, Santé Canada a réduit de 51,6 millions de dollars les sommes promises pour le Programme national de lutte au tabagisme » a indiqué le porte-parole de la Coalition. « Le taux de tabagisme au Canada est en forte baisse depuis quelques années. Cependant, nous en sommes maintenant, dans bien des cas, à convaincre et à soutenir les fumeurs qui dépendent grandement de la nicotine afin de les aider à cesser de fumer. Nous avons besoin de toutes les ressources financières disponibles pour mener à bien ce travail. »
Commentant la demande du gouvernement fédéral, qui souhaite que les gouvernements québécois et ontarien investissent 47 millions supplémentaires pour les cultivateurs de feuilles de tabac, la Coalition considère que les compagnies de tabac qui génèrent des milliards de dollars de profits avec ce produit, qui tue plus de 13 000 personnes par an au Québec, devraient être mises à contribution. « Ces compagnies font des profits exorbitants en créant une dépendance importante à la nicotine. Chaque client est un client captif qui a un besoin physiologique de nicotine, il est tout à fait normal qu’une partie de leurs profits serve à réduire les impacts de cette épidémie ».
Par ailleurs, si le gouvernement du Québec décidait d’emboîter le bas à Agriculture Canada, la Coalition suggère que l’investissement dans le fonds de transition soit financé à partir d’une augmentation de la taxe sur le tabac puisque chaque augmentation contribue aussi à diminuer le nombre de fumeurs. « Le prix d’une cartouche au Québec est encore largement inférieur au prix moyen dans le reste du Canada (QC : 64.52$; CAN : 77.38$); il est donc encore tout à fait possible pour le gouvernement du Québec d’augmenter la taxe de manière à financer sa participation au fonds de transition mais aussi d’augmenter le budget de la lutte contre le tabac de 5 millions de dollars par année pour atteindre 75 millions en 2012 » de conclure Louis Gauvin.
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